DIALOGUE SUR UN PALIER (LE GOBE-DOUILLE)

Noir.

Deux lampes électriques.

UN : Chut !

DEUX : Oui, oui, chut.

UN : Vous dites chut, mais vous faites du bruit avec vos pieds. Je vous l’avais dit, pourtant, de retirer vos bottes.

DEUX : Je les ai retirées. Elles sont restées au bas de l’escalier.

UN : Alors, vous avez des chaussettes qui craquent.

DEUX : Pensez-vous ! Des chaussettes toutes propres ; je les ai mises ce matin.

UN : C’est vous qui le dites, parce que dans ces conditions, je me demande ce qu’on entend craquer.

DEUX : Ce qu’on entend craquer, c’est mon pied.

UN : Votre pied ?

DEUX : J’ai un pied qui craque. Pas celui-là, l’autre, le pied gauche.

UN : Eh bien je ne veux pas le savoir. Retirez-le pendant que je cherche la minuterie. Je veux rien entendre qui craque.

DEUX : Ça, je suis désolé, mais je ne peux pas. Et puis, si je pouvais le retirer, mon pied, il y a une chose que je ne pourrais plus faire, c’est monter l’escalier. Faut choisir.

UN : « Choisir, choisir ! » Vous en avez de bonnes ! les deux boutons sont exactement pareils.

DEUX : Y a deux boutons ? Tirez à pile ou face.

UN : Je serai bien avancé ! Et puis j’aime mieux m’en remettre au hasard, c’est plus sûr.

DEUX : Allez-y.

Sonnerie.

DEUX : Oh… ça doit pas être la minuterie, ça.

UN : Non, mais comme ça au moins, je suis fixé. Je vais appuyer sur l’autre.

DEUX : Appuyez doucement, on ne sait jamais.

UN : Si j’appuie doucement, ça va rien faire. Mieux vaut y aller franchement, après on n’y pense plus.

Lumière.

Voilà.

DEUX : En route !

Craquement.

UN : Chut !

DEUX : Oui, oui : chut.

UN : Enfin, qu’est-ce qu’il a à craquer comme ça, votre pied gauche ? Montrez-le-moi.

DEUX : Si ça peut vous faire plaisir, je veux bien vous le montrer. Mais vous ne verrez rien. Comme ça, vu de l’extérieur, il a l’air normalement constitué. Non, ce qu’il faudrait que je vous montre, c’est l’intérieur, seulement…

UN : Oui, ah non, ça, pas question ! On n’a pas le temps. Vous me montrerez ça un autre jour.

DEUX : Et puis vous ne perdez rien, parce que même à l’intérieur, ça ne se voit pas, ce qui craque, dans mon pied.

UN : Comment, ça ne se voit pas ?

DEUX : Non, non… Oh, vous savez ! Je l’ai fait radiographier bien souvent, mon pied gauche.

UN : Vous vous êtes fait radiographier le pied ?

DEUX : Oui, oui.

UN : Ça doit être bien.

DEUX : Ah, ça vaut la peine.

UN : J’aimerais bien me faire radiographier les pieds. Vous voyez, au fond, on se plaint de ne pas connaître Brigitte Bardot, et on ne se connaît même pas soi-même.

DEUX : C’est vrai. La première fois que j’ai vu l’intérieur de mon pied, c’est bien simple, je n’arrivais pas à y croire. C’est étrange, vous savez, comme spectacle. On se croirait transporté dans une autre planète. On reste là à contempler l’intérieur de son pied, dans une espèce de stupeur. On est sous le charme.

UN : C’est si beau que ça, l’intérieur d’un pied ?

DEUX : Oh !… Beau ? – oui et non. C’est surtout lointain.

UN : Quoi, lointain ?… ils sont pas si loin que ça, mes pieds.

DEUX : À les voir comme ça, non. Mais l’intérieur, croyez-moi, c’est à des milliers de kilomètres, et alors, en plus, ce qui impressionne, c’est que dans l’appareil, on voit ça comme si on y était.

UN : Oui, oui… Une fois j’ai regardé la lune dans un télescope, eh bien…

DEUX : Oui. C’est un peu la même chose, mais pas tout à fait. Vous comprenez, ce qui émeut, ce n’est pas tellement de voir de tout près ce qu’on ne voit pas d’habitude, le dedans de son pied. C’est de le voir dedans. Comme il est quand on ne s’occupe pas de lui. Parce que le dedans du pied, sitôt qu’il est dehors, c’est plus ça du tout.

UN : Du tout. Bien sûr : ça devient un pied de squelette. C’est comme les poissons, quand ils sont péchés, c’est plus vraiment des poissons. Les poissons, il faut les voir dans l’eau.

DEUX : Exactement. Le dedans du pied il faut le voir dans son élément, c’est-à-dire dans le pied.

UN : J’irai me faire radiographier les pieds à la fin du mois d’avril.

DEUX : Je vous le conseille.

UN : Allez, venez, on va pas rester là toute la nuit.

DEUX : Allons-y.

Craquement.

UN : Chut.

DEUX : Oui, oui : chut.

UN : Suffit pas de dire : chut… Vous pourriez pas essayer de monter l’escalier avec votre pied droit seulement ?

DEUX : À cloche-pied ? Je serais obligé de sauter une marche sur deux ; ça va faire encore plus de bruit.

UN : Mais enfin, de quel endroit il craque, votre pied ?

DEUX : On ne sait pas. Le docteur m’a dit qu’on ne pouvait jamais savoir au juste ce qui craque, dans un pied.

UN : Faites-le craquer un peu, je vais essayer de repérer d’où vient le bruit.

DEUX : Je veux bien, tenez…

Craquement.

mais je vous dis, on ne peut pas savoir. Vous comprenez, dans un pied comme celui-ci, qui vous chausse du 41 -42, un bon pied ordinaire, quoi, il y en a des plus grands, des plus compliqués… eh ben c’est fou ce qu’il y a comme os.

UN : Ah ?

DEUX : On peut pas se figurer. C’est plein d’os, là-dedans. Même le médecin il s’y perd. Il m’a dit : ce qui grince, dans votre pied, c’est peut-être bien la jointure du scaphoïde et du deuxième cunéiforme. Mais ça peut tout aussi bien être la jointure du calcanéum et du cuboïde. Pour le savoir, il faudrait que je vous ouvre le pied ; mais une fois que vous aurez le pied ouvert, c’est pas dit qu’il grincera encore.

UN : Ah, ça ! un pied, ouvert, c’est plus vraiment un pied. Prenez une porte fermée, par exemple, et puis prenez la même porte ouverte, c’est plus la même porte. Plus du tout.

DEUX : Plus du tout. C’est comme s’il n’y avait plus de porte.

UN : Tout de même, ça m’étonnerait que j’aie un cuboïde dans le pied, moi. Il me semble que ça doit se sentir.

DEUX : Croyez pas ça. Tout ça, c’est des os qui se trouvent bien dans le pied ; ils y sont nés, ils y ont grandi tous ensemble, ils y ont leurs petites occupations. Pourquoi voulez-vous qu’ils vous fassent du mal, s’ils se trouvent bien ? c’est pas du tout comme les petits os qu’on trouve quelquefois dans un pâté.

UN : Ceux-là, ils vous cassent une dent comme rien.

DEUX : Mais c’est parce que dans un pâté, ils sentent bien qu’ils sont pas à leur place naturelle !

UN : Oui. Quand on ne se sent pas à sa place, on ne sait plus ce qu’on fait.

DEUX : Plus du tout.

UN : Ah, non, on a beau dire, un pied et un pâté, c’est pas la même chose, pour un os.

DEUX : Du tout.

UN : Du tout.

DEUX : Même pour nous, c’est pas la même chose. Prenez un plat et mettez-y un pâté, par exemple, eh bien tout le monde sera content. Mais si c’est votre pied que vous mettez dans le plat ?…

UN : Ça fera pas du tout le même effet.

DEUX : Du tout.

UN : Du tout. C’est tellement vrai qu’on pourrait faire un proverbe là-dessus.

DEUX : Sur les pieds et les pâtés ?

UN : Oui. Un proverbe complètement faux, comme il y en a des tas.

DEUX : Bien sûr.

UN : Tenez, par exemple : « Qui dit pied dit pâté. »

DEUX : Oui. Qui dit pied dit pâté. Qu’est-ce que ça voudrait dire ?

UN : Sais pas. Les proverbes, ça ne dit jamais exactement ce que ça veut dire. Il y a un sens caché. Faudrait creuser.

DEUX : Oui, faudrait creuser.

UN : Seulement, on creusera demain, parce que si ça continue, quand on arrivera là-haut, il sera parti. Venez.

DEUX : Je vous suis.

Craquement.

Noir.

UN : Ben vous avez fait du propre.

DEUX : C’est pas mon pied qui a fait ça. Ça doit être la minuterie. Attendez, je vais la rallumer.

Craquements.

Lumière.

UN : C’est pas possible. Vous grincez beaucoup trop.

DEUX : Oui, je grince beaucoup.

UN : Sûrement que si vous marchiez avec un pâté, vous feriez moins de bruit.

DEUX : Qu’est-ce que vous voulez que j’y fasse ? c’est pas de ma faute s’il n’y a pas d’ascenseur.

UN : Je suis désolé, mais il va falloir que vous restiez là, parce que, avec un bruit pareil, vous pouvez être tranquille qu’il va s’envoler, le petit oiseau.

DEUX : Le petit oiseau ?…

UN : Oui, tout en haut, sur le dernier palier, on m’a dit qu’il y avait un petit oiseau qui dort.

DEUX : Sans blague ?

UN : Oui. Moi, je ne l’ai jamais vu. Tous les soirs, je fais bien attention, mais il se méfie. Il y a toujours quelque chose qui craque, et alors, pfuit ! Plus rien.

DEUX : Il s’envole ?

UN : Oui. Enfin, quand je dis qu’il s’envole… non. Il pourrait pas, et puis c’est pas sa tactique. Il est bien plus malin.

DEUX : Qu’est-ce qu’il fait ?

UN : Il se met à ressembler à une ampoule électrique. Alors, comme des ampoules électriques il y en a des tas, on ne sait pas laquelle c’est.

DEUX : Drôle d’oiseau, dites.

UN : Oui, hein ? C’est pour ça que j’ai tellement envie de le voir, vous savez ; parce que moi, je ne suis pas d’un tempérament à me déranger pour un petit oiseau ordinaire.

DEUX : Mais qui est-ce qui vous a raconté ça ? La concierge ?

UN : Non, elle ne l’a jamais vu. Les locataires de l’immeuble non plus : à chaque fois que je leur en parle, ils n’ont pas l’air d’être au courant. Non, c’est mon arrière-grand-mère qui m’a dit ça, quand j’avais quatre an…

DEUX : Oui, eh bien alors c’est une histoire comme on en raconte aux enfants. Il n’a jamais existé votre oiseau. D’ailleurs, même s’il existait du temps de votre arrière-grand-mère, il est mort depuis.

UN : Non, non. Ça a la vie dure, ces bêtes-là. Et puis ça se reproduit.

DEUX : Ah ? Il y en a plusieurs ?

UN : Mon arrière-grand-mère me disait qu’il y en avait un dans chaque immeuble, au sommet de l’escalier. C’est grand comme un moineau, à peu près.

DEUX : Et ça s’appelle comment ?

UN : Ça s’appelle un gobe-douille.

DEUX : Un gobe-douille ?

UN : Savez pas pourquoi ?

DEUX : Non.

UN : Ah. Je vais vous le dire, parce que ça vaut la peine. Laissez votre pied tranquille. Vous avez lu Darwin ?

DEUX : Darwin ?

UN : Darwin ?

DEUX : Darwin ?

UN : Darwin !…

DEUX : Darwin… Oui.

UN : Vous avez lu Darwin ? !

DEUX : Enfin, je l’ai parcouru.

UN : Félicitations !

DEUX : Remarquez, je n’ai pas parcouru ses œuvres. Je n’ai parcouru que sa photographie.

UN : C’est suffisant. On peut considérer sa photographie comme un résumé de son œuvre.

DEUX : Oui. Quand on voit la tête qu’il avait, la première idée qui vous vient, c’est qu’il y a de fortes chances pour que l’homme descende du singe.

UN : Oui, Darwin ressemblait tellement à un gorille qu’on peut vraiment dire qu’il n’a pas eu beaucoup de mérite à trouver cette idée-là.

DEUX : Ah, là vous allez un peu loin ! parce que rien ne prouve que Darwin a eu cette tête-là tout de suite. La photo que nous avons de lui date de ses dernières années.

UN : Oui. L’influence de l’œuvre sur l’homme avait pu jouer, sans qu’il s’en aperçût.

DEUX : Sans qu’il s’en aperçût ! – vous savez, les ressemblances ça se cultive. Ma cousine Paulette, depuis un mois et demi, elle ressemble de plus en plus à Sophia Loren[1] et pourtant elle n’avait rien pour ça.

UN : Alors d’après vous, si Darwin ressemblait à un gorille, c’était par coquetterie ?

DEUX : Ou par intérêt, n’est-ce pas ?… parce que pour ses livres, c’était tout de même la meilleure publicité.

UN : Sûrement.

DEUX : Vous me parliez du gobe-douille.

UN : Non, je vous parlais de Darwin.

DEUX : Justement, je ne vois pas le rapport.

UN : Si. C’est à cause du bec du gobe-douille que je vous parlais de Darwin. Parce que si le gobe-douille s’appelle comme ça, c’est à cause de la manière dont il se nourrit et de la forme de son bec, et que si son bec a la forme qu’il a, c’est à cause du transformisme, et que si on parle de transformisme, c’est à cause de Darwin.

DEUX : Qu’est-ce qu’il a de spécial, le bec du gobe-douille ?

UN : Il ne s’ouvre pas.

DEUX : Il ne s’ouvre pas ?

UN : Non. Il a grosso modo la forme d’un bouchon.

DEUX : Alors, comment il mange, votre oiseau ?

UN : Il ne mange pas. Il se branche.

DEUX : Tous les oiseaux se branchent ! En particulier ils se branchent pour chanter ; ce n’est pas ça qui les nourrit.

UN : Le gobe-douille, d’abord, ne chante pas. Mon arrière-grand-mère me disait : Quand on entend chanter le gobe-douille, c’est qu’il va mourir. Et puis, ce n’est pas dans les arbres qu’il se branche. Il se branche là où c’est nourrissant : dans les douilles vides.

DEUX : Dans les douilles vides…

UN : Oui. Là où il manque une ampoule, le gobe-douille s’engouffre. Son bec cylindrique s’enfonce dans le trou, et alors, là, rien de plus glouton qu’un gobe-douille : il pompe toute l’électricité qu’il y a dedans, jusqu’à ce qu’on lui coupe le courant.

DEUX : C’est un parasite ?

UN : Oui. Mais ce qu’il y a de plus curieux, c’est que quand il se nourrit, dans sa douille, le gobe-douille se met à ressembler si exactement à une ampoule qu’il faut vraiment savoir que c’est un gobe-douille. Il pousse le mimétisme jusqu’à émettre une luminosité de 100 watts bien tassés.

DEUX : Alors, voulez-vous me permettre ? Comment distinguez-vous un gobe-douille d’une ampoule ?

UN : Au toucher. Au toucher on sent les plumes.

DEUX : Vous avez déjà touché un gobe-douille ?

UN : Non. Je voudrais bien. Mais mon arrière-grand-mère en avait apprivoisé un.

DEUX : Un gobe-douille ?

UN : Oui. Très gentil. Il lui faisait de la lumière. Quand il n’avait plus faim, elle lui coupait le courant, et au lieu de s’en aller, il restait tranquillement au plafond, la tête dans sa douille, il avait confiance, il dormait. Et puis un soir, mon arrière-grand-mère me l’a raconté bien souvent, un soir qu’il était là, en train de se gaver – jamais il n’avait été aussi resplendissant –, tout à coup il s’est mis à perdre ses watts. Il a chanté un peu. D’après mon arrière-grand-mère, le chant du gobe-douille, c’était à peu près ça : Bzzzzz. Alors, le pauvre petit oiseau a fait : Bzzzzz, et puis il s’est éteint, tout doucement.

DEUX : C’est triste.

Noir.

UN : Pourvu que ce ne soit pas lui.

DEUX : Mais non, c’est la minuterie. Une seconde.

Lumière.

Ce qui est triste, aussi, c’est que vous persistiez à croire que votre papa, votre maman, votre grand-papa et votre grand-maman, votre arrière-grand-papa, votre arrière-grand-maman ne vous ont jamais raconté que des histoires vraies. Moi, je n’y crois pas, à votre gobe-douille.

UN : Vous croyez bien aux ampoules électriques.

DEUX : Oui, mais les ampoules, c’est pas des oiseaux.

UN : Justement, si c’est pas des oiseaux, qu’est-ce que c’est, les ampoules ? On n’en sait rien. Et puis, je ne vous ai pas dit que j’y crois, au gobe-douille. Au contraire, ma conviction profonde est qu’il n’existe pas.

DEUX : Alors, qu’est-ce que vous cherchez tous les soirs, dans cet escalier ? si c’est pas le gobe-douille.

UN : Je cherche à vérifier que le gobe-douille n’existe pas.

DEUX : Vous n’y êtes pas encore arrivé ?

UN : C’est difficile.

DEUX : Bon, ben moi je vous laisse monter tout seul, parce que le bruit de mon pied doit faire peur aux oiseaux qui n’existent pas.

UN : Chut !

DEUX : Oui, oui, chut. Je n’ai pas bougé.

UN : Alors, qu’est-ce qui fait ce bruit-là ?

Bzzzz.

Le gobe-douille ! C’est le chant du gobe-douille !

DEUX : Vous croyez ?

Bruit : Pof ! Noir.

UN : Qu’est-ce que je vous disais ! Vous voyez bien qu’il existe, le gobe-douille, puisqu’il vient de claquer !

Les Diablogues et autres inventions à deux voix
titlepage.xhtml
jacket.xhtml
Dubillard - Les diablogues_split_000.htm
Dubillard - Les diablogues_split_001.htm
Dubillard - Les diablogues_split_002.htm
Dubillard - Les diablogues_split_003.htm
Dubillard - Les diablogues_split_004.htm
Dubillard - Les diablogues_split_005.htm
Dubillard - Les diablogues_split_006.htm
Dubillard - Les diablogues_split_007.htm
Dubillard - Les diablogues_split_008.htm
Dubillard - Les diablogues_split_009.htm
Dubillard - Les diablogues_split_010.htm
Dubillard - Les diablogues_split_011.htm
Dubillard - Les diablogues_split_012.htm
Dubillard - Les diablogues_split_013.htm
Dubillard - Les diablogues_split_014.htm
Dubillard - Les diablogues_split_015.htm
Dubillard - Les diablogues_split_016.htm
Dubillard - Les diablogues_split_017.htm
Dubillard - Les diablogues_split_018.htm
Dubillard - Les diablogues_split_019.htm
Dubillard - Les diablogues_split_020.htm
Dubillard - Les diablogues_split_021.htm
Dubillard - Les diablogues_split_022.htm
Dubillard - Les diablogues_split_023.htm
Dubillard - Les diablogues_split_024.htm
Dubillard - Les diablogues_split_025.htm
Dubillard - Les diablogues_split_026.htm
Dubillard - Les diablogues_split_027.htm
Dubillard - Les diablogues_split_028.htm
Dubillard - Les diablogues_split_029.htm
Dubillard - Les diablogues_split_030.htm
Dubillard - Les diablogues_split_031.htm
Dubillard - Les diablogues_split_032.htm
Dubillard - Les diablogues_split_033.htm
Dubillard - Les diablogues_split_034.htm
Dubillard - Les diablogues_split_035.htm
Dubillard - Les diablogues_split_036.htm
Dubillard - Les diablogues_split_037.htm
Dubillard - Les diablogues_split_038.htm
Dubillard - Les diablogues_split_039.htm
Dubillard - Les diablogues_split_040.htm
Dubillard - Les diablogues_split_041.htm
Dubillard - Les diablogues_split_042.htm
Dubillard - Les diablogues_split_043.htm
Dubillard - Les diablogues_split_044.htm
Dubillard - Les diablogues_split_045.htm
Dubillard - Les diablogues_split_046.htm
Dubillard - Les diablogues_split_047.htm
Dubillard - Les diablogues_split_048.htm
Dubillard - Les diablogues_split_049.htm
Dubillard - Les diablogues_split_050.htm
Dubillard - Les diablogues_split_051.htm
Dubillard - Les diablogues_split_052.htm
Dubillard - Les diablogues_split_053.htm
Dubillard - Les diablogues_split_054.htm
Dubillard - Les diablogues_split_055.htm
Dubillard - Les diablogues_split_056.htm
Dubillard - Les diablogues_split_057.htm